Chroniques grecques. Le rêve de Yanis

le rêve de Yanis-visuel SG

Lavrio, septembre 2018. Yanis vient d’avoir 33 ans. Sa start-up de biotechnologie, implantée au sud d’Athènes, au bord de la mer Egée, semble promise  à un bel avenir. Cette idée, il l’a eue très tôt, vers 10 ans. Il vivait avec sa grand-mère au nord de Corfou. Elle lui a appris cette pugnacité qui toute sa vie l’a guidé dans ses choix. Notamment cette décision de quitter son île pour les Etats-Unis à 18 ans.

En 2017, alors que la Grèce retrouve sa compétitivité suite au plan Marshall européen « GReeceUP », Yanis fait le choix de revenir au pays. Sa rencontre aux Etats-Unis avec un entrepreneur de la Silicon Valley l’a définitivement convaincu que sa place est en Grèce. Après des années de chaos économique lié à l’austérité imposée au pays par la troïka, le gouvernement grec a lancé une série de mesures pour promouvoir les technologies émergentes en lien avec l’environnement, les fameuses « greentech ». L’Etat a proposé de financer le retour et l’installation en Grèce de 1000 talentueux scientifiques expatriés. Yanis est l’un de ceux là. Son doctorat et post-doc en biologie végétale ont été remarqués. Ses travaux de recherche ont reçu le prix d’excellence de l’ERC (European Research Council). On lui a proposé de monter un labo en Californie mais il a finalement accepté cette proposition de l’Etat grec : créer à Athènes un laboratoire d’innovation sur la troisième génération de biocarburants à partir des produits de la taille des oliviers. Sa grand-mère avait une oliveraie de 750 arbres centenaires. Toute sa jeunesse, pendant la collecte des olives, Yanis l’aidait à ramasser brindilles et feuilles autour des arbres pour éviter la propagation des maladies. Pourquoi ne pas utiliser ces déchets au lieu de les détruire ? Au village, tout le monde rigolait quand il posait la question…

Depuis son arrivée en Grèce, tout s’est accéléré car le Ministère de la Recherche a vu les choses en grand : soutien financier à la création de start-ups, mise en relation avec des acteurs industriels de premier plan. Yanis est optimiste, son pays a le vent en poupe, alors que partout ailleurs la croissance se fait attendre : « Dans moins de dix ans, vous verrez, la Grèce sera devenue la Californie de l’Europe ». L’actualité semble lui donner raison. Cette semaine, il a rendez-vous avec trois banques qui veulent investir dans son projet.

Sylvie Gruszow

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